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Pourquoi je n’ai jamais lu un texte religieux

jeudi 5 décembre 2013, par Leguman

Un paquet d’humains lisent des textes religieux, quelques uns y trouvent une inspiration tellement forte (mieux que ça, Dieu existe) qu’ils affirment en faire leur référence absolue. Leur comportement est réglé par leur foi et la rigoureuse et régulière étude des textes.

Considérons un instant ce processus comme une boite noire.

Nous avons d’un côté ces individus, appelons-les zélotes, et leur affirmation que le texte et la foi est au centre de toute leur vie.

Nous avons de l’autre des comportements observables de cette population.

On constate que celui-ci va de l’engagement humanitaire jusqu’au génocide en passant par les tyrans du quotidien et les individus modestes et exceptionnels qui facilitent et illuminent la vie de leur proches.

L’éventail des comportements est on ne peut plus large. Or, cette masse totalement éparpillée a un point commun : ils suivent le même guide. Il y a de quoi douter de la causalité entre le texte et le comportement. Mettre un texte religieux au centre de sa vie ne semble avoir aucune influence sur les formes pratiques du bien. Pour certains, il pourra s’agir de donner à manger et à boire à des gens dans le besoin, pour d’autres, de les enfermer dans une grange pour les brûler vifs.

Bien entendu, chacun expliquera que l’autre est dans l’erreur et qu’il n’a pas bien compris la vérité du texte. Mais, on ne peut pourtant pas nier la sincérité de leur engagement spirituel, car il s’agit d’un processus intime très imparfaitement partageable et qu’il n’est pas possible de comparer objectivement. Qu’avons-nous d’autre que l’affirmation du zélote que Dieu et le Texte sont toute sa vie ? Remettre en question cette affirmation serait une position de même nature que celle consistant à juger que l’autre n’a rien compris au vrai sens de sa religion car elle s’exprime sur un processus intime, inobservable et impartageable.

Un tortionnaire ou un travailleur social dévoué sont tout aussi légitimes à revendiquer l’inspiration que leur apporte les textes et la foi. A supposer que l’un au moins ait raison, il reste que la simple existence de l’autre démontre que le texte ne marche pas.

Le texte n’est pas discriminant, d’ailleurs on observe ce même genre de comportement avec d’autres références, voire pas de référence du tout. L’input donne des résultats aléatoires avec un écart type peut-être plus important encore que celui des populations non-zélotes. Inutile donc d’ouvrir la Bible ou le Coran, la pratique démontre qu’ils sont vides de sens, s’ils en avaient on observerait une convergence des comportements.

Le manuel Ikea par contre, notamment parce qu’il est livré avec un ensemble de planches et de vis est validé par la pratique. 99% des gens qui l’acquièrent le comprennent, le meuble est là pour en attester.

Mais il faut bien admettre qu’on s’amuse moins à troller sur les meubles Ikea que sur la religion la philosophie ou la politique.